Article publié le 21 Octobre 2023 09:00:00
par Sophie MAXENCE

Missions Croquettes Solidaires en lutte contre la précarité

©Un sourire équin

L’association basée à Perpignan vient en aide aux propriétaires en difficulté financière afin de leur permettre de continuer à prendre soin de leur animal et prévenir les abandons.

Depuis le mois de mars 2022, date de sa création officielle, l’association Missions Croquettes Solidaires (anciennement appelée Un sourire équin) est présente chaque jeudi, de 17h30 à 19h, au côté des Resto du Cœur des Pyrénées orientales (66). Les bénévoles distribuent des repas à destination des animaux de propriétaires en grande difficulté. « Nous travaillons à la fois avec les personnes sans-abris et des personnes dans le besoin, détaille Hugo Bidault, jeune homme de 18 ans président et fondateur de l’association. Nous leurs distribuons un repas pour chien ou pour chat, ainsi qu’un sachet de croquettes qui correspond à un repas par jour pendant une semaine. Pour le moment, c’est ce que l’on peut proposer. »

A travers son association, Hugo Bidault, auxiliaire vétérinaire, réalise également des soins pour traiter « les petits bobos » comme vérifier une plaie, désinfecter, réaliser un pansement ou bien encore déparasiter. Par ailleurs, l’association travaille avec deux vétérinaires pratiquant des tarifs réduits, pour les soins, les vaccins, les stérilisations et les identifications.

A travers ces actions, l’objectif de Missions Croquettes Solidaires est de permettre aux personnes précaires de continuer à vivre avec leur animal et d’en prendre soin. « Nous sommes là pour éviter les abandons, de plus en plus nombreux dans un contexte d’inflation » analyse Hugo Bidault

Un distribution de repas par l'association, en septembre 2023 ©Un sourire équin

Son association est venue en aide à 302 personnes sans domicile fixe en septembre 2023, contre 280 en aout, et constate un accroissement des demandes des personnes dans le besoin. « Depuis avril environ, le nombre de l’ensemble de nos bénéficiaires ne fait qu’augmenter chaque mois, indique ainsi Hugo Bidault. Nous voyons par exemple régulièrement une dame de 72 ans, propriétaires de deux spitz de 11 ans et demi. Elle a bien pu les nourrir et s’en occuper tant qu’elle était active. Mais une fois à la retraite, ses revenus ont baissé et le prix des croquettes a augmenté. Elle n’y arrive plus. Si demain elle devait confier ses chiens à un refuge, se serait un déchirement. Ils seraient privés de tout l’amour qu’ils ont reçu pendant des années, et vu leur âge, ils n’auraient que peu de chance de retrouver une famille. Nous faisons tout pour éviter cette situation. »

« On essaie de faire le lien entre propriétaires, fondations et vétérinaires »

« La hausse du prix de l’alimentation pour animaux fait du mal à beaucoup de personne, poursuit le jeune homme. Mais ce qui met véritablement les personnes en difficulté vis à vis de leur animal, c’est la hausse des frais vétérinaires. Beaucoup de gens viennent nous voir pour souffler un peu face à toutes les dépenses qu’ils ont. » Ainsi, Missions Croquettes Solidaires travaille avec les vétérinaires pour les sensibiliser à la médecine solidaire. « Nous espérons organiser prochainement un webinaire pour présenter aux vétérinaires l’ensemble des outils dont ils disposent pour la prise en charge d’animaux de propriétaires précaires. Nous leur présentons des dispositifs comme Vétérinaires Pour Tous, ou nous leur parlons des moyens mis en œuvre par certaines fondations pour prendre en charge une partie des frais. Nous proposons de les accompagner dans la partie administrative, qui peut être un véritable frein pour une profession déjà submergée de travail. Nous accompagnons également les propriétaires dans leurs démarches pour solliciter des aides dans l’accès aux soins de leur animal. On essaie de faire le lien entre propriétaires, fondations et vétérinaires. »

Missions Croquettes Solidaires est une jeune association qui a elle-même des besoins. « Surtout en ce qui concerne nos frais vétérinaires. Nous avons actuellement une facture de plus de 600 euros à régler » précise Hugo Bidault.  L’association est donc à la recherche de soutiens financiers pour poursuivre son action. Elle espère prochainement se développer avec l’acquisition d’un local pour stocker la nourriture, et ouvrir un deuxième point de distribution à Prades. « On devrait commencer une première distribution de nourriture mi-janvier » indique le responsable de l’association.

 

Vous pouvez contacter Missions Croquettes Solidaires en cliquant sur son profil